lundi 31 décembre 2007

The One with the Fucking Tiny Ball









Grasse mat' annoncée en ce troisième jour, histoire de pas se traîner le décalage horaire pendant une semaine. J'en profite donc pour me lever un peu plutôt (vu que ma première nuit était de 11h, ça va bien !) pour m'abandonner à la ville et m'imprégner encore plus du rythme new yorkais.
Mon excursion sera d'abord rythmée par les photos souvenirs, tourisme oblige, et me voici encore une fois devant ce Flatiron Building, à deux-trois blocs de chez moi. Voici donc la photo la plus originale du séjour, prendre en photo le Flatiron, en faisant en sorte qu'il n'ait pas l'air plat !



Je vous donnerais peut être un jour le secret du photographe que je ne suis pas , cette photo étant presque impossible à réaliser, mais je ne vais non plus vous dire tous mes trucs !
Tant qu'on est dans la photographie, autant éclaircir un point tout de suite : les new yorkais ne savent pas cadrer. Et mon anglais laisse peut être à désirer mais quand même !

Exemple 1 : « Please, can you take a picture with me and all the building ? »



Exemple 2 : « Please, can you take a picture with me and the top of the building ? » (noter bien la difference !)



Ce batîment qu'on voit entre les scènes de Friends, est un tantinet décevant. Pas de Central Perk bien sûr, qui est dans les studios Universal à Los Angeles (les studios eux même étant interdits au public depuis 9/11), pas d'anecdotes ou de musée quelconques, rien, seulement quelques français qui viennent se recueillir, devant l'un des symboles de la série la plus populaires de ces vingt dernières années. Direction ensuite vers le siège des Nations Unies, qui n'est pas tout à côté, ce qui me permet de voir que les new yorkais roulent vraiment n'importe comment (un parisien passe pour un enfant de chœur à côté).




Petit moment d'émotion donc devant ce magnifique bâtiment érigé en l'honneur de l'ONU, parsemé de drapeaux...



...de sculptures de bronzes symboliques...




...et de japonais qui prennent plus de photos que moi (et c'est dur) J'aurais bien visité la salle du conseil de l'ONU, mais je vois pas trop ce que cela m'aurait apporté de plus, donc j'ai décidé de garder en tête l'image extérieur, plus parlante à mes yeux.
Je vais ensuite suivre mon estomac pour les derniers blocs qui me séparent de Times Square, là où toute la team s'est donnée rendez-vous, slalomant entre les buildings...






...et je vais essayer de trouver un café qui fait encore des breakfast après 11h30. Autant vous dire que c'est pas gagner ! Après avoir donc écumé les cafés, du coin et fait un tour au NBA Store pour faire du repérage...



... j'arrive enfin à trouver ces foutus Bacon Strips ! Important, la précision « sunnyside up » pour les œufs, sinon vous avez une omelette. Le temps ensuite de me recueillir dans la cathédrale Saint Patrick et remercier le cuistot qui m'a servi ce si bon repas...





Bref, au passage je passe devant d'autres décos de Nöel...



Je vois que les new-yorkais ont démocratisé la fontaine (enfin plutôt le jardin) à souhait :



Ils ratissent et ils empochent dès qu'il y a trop de pièces ! Enfin ils empochent puis reversent à une association d'aide à l'enfance. J'ai fait un voeu pour qu'il n'y ait plus d'enfants affamés dans le monde puis j'ai jeté ma pièce (n'est pas cynique qui veut...)

Petit passage devant le Radio City Hall, une autre salle célèbre de New York (notamment pour les MTV Awards) :



On voit bien que les américains aiment faire dans le « tout en grand » :



Le Nouvel An approche, les premiers signent s'en font sentir. Le quartier sera bouclé à 15h30…



…mais il y aura des « booze checkpoints » pour se désaltérer (qui s'avèreront être en fait des vendeurs de chocolat chaud…première arnaque de la soirée) :



On est chaud, on est chaud ! Les gens commencent à s'entasser au niveau de la scène de concert sur Times Square, certains sont déjà collés à la barrière, il est 13h30…
C'est déjà impossible de se retrouver, heureusement les columbus boys and girls se sont mis juste en dessous du check point (qui fait un peu penser au Checkpoint Charly à Berlin, en plein milieu de Times Square, vraiment bizarre) de la NYPD, je peux donc les retrouver après avoir passer quelques barrages.
Parlons en tiens, de la police de New York. Ils sont ultra-organisés et savent vraiment gérer ce genre d'évènements. Chaque extrémité de chaque rue de chaque bloc autour de Times Square
sera bloquée pour concentrer la foule en petits groupes de personnes et éviter ainsi un grand mouvement de foule quand il y aura un million de personne sur la Ze avenue dans 8h…
Parlons aussi de tous ces différents véhicules d'urgence, que ce soit les pompiers, les flics, ou les ambulances. On dirait de énormes jouets, avec chacun une dizaine de sonneries différentes, ça fait vraiment too much (et dire too much, ça fait un peu too much aussi...) :





Quoiqu'il en soit il nous faut nous ravitailler avant la longue épreuve qui nous attends, il faudra montrer qu'on mérite la nouvelle année ! Que 2008 nous appartient ! Vin rouge, salade et burgers de qualité, seront donc les mets de la victoire, ceux qui nous permettrons de tenir jusqu'à l'heure fatidique. Enfin c'est pas tout ça, c'est bien de manger mais on est toujours dans le quartier derrière les barrières de flics et pas du tout à l'endroit exact qu'il faudra être pour voir cette petite boule lumineuse annoncer la nouvelle année. Tout le monde est prêt, on reste groupés, on vit ensemble, on meurt ensemble. C'est le moment que choisit Mary pour disparaître car elle se dit qu'on pourrait bien avoir besoin d'un remontant pendant cette longue attente.
Une course contre-la-montre commence alors et on est persuadé qu'on ne reverra pas Mary avant l'année prochaine. Les rumeurs enflent, tout est bouclé, on ne peut plus passer, si…non…En fait ils bouclent vraiment tout dans une heure…dépêchons nous. La rue transverse est bloquée, il nous faut remonter encore jusqu'à trouver une ouverture ! La rue suivante aussi, allez on accèlere le pas, on court .
« Everyone, go on the 52th ». Oh non la 52e est bouclée aussi, encore un peu, allez.
Finalement Mike nous ouvre la voie à la rue suivante, alors qu'un flic tout seul et sans barrière essayait d'empêcher tout le monde de passer (et vu la taille des rues c'est un peu comme empêcher un troupeau de buffles de rejoindre un lac en plein été au beau milieu de la savane).
Ca y est on est dedans ! On a réussi !



"Je savais que vous en étiez capable. Soldats, vous avez réussi. Rompez !"

Tout le monde se félicite, on chante une chanson en l'honneur de Mary, sur l'air de "Ce n'est qu'un aurevoir, mes frères" : "Mary, Mary, Mary, Mary..."
Le seul petit problème, c'est qu'on est à environ de quatre blocs du bâtiment d'où va descendre la boule et que donc on ne verra pas les concerts, qu'on est parqué entre quatre barrières avec des gens dont la moitié sont des français, qu'on a perdu Mary, qu'il fait froid et qu'il est à peine un peu plus de...17h.


"Aidez moi, faites que cet enfer s'arrête."


"Oh Lolo, tu te calmes, tu me laisse profiter de...enfin tu me laisses profiter quoi !"

Mais bon comme on est à New York on se dit que ça va bien, merci ! Le temps passe de moins en moins vite, il est 17h20, puis 17h21. On attend, on papote, on discute, on se tient chaud au moins le temps d'attendre 18h et la nouvelle année en France et après on rééssayera d'avoir Mary qui est devenue injoignable...
5...4...3...2...1, le grand écran (mais bizarrement pas le très grand écran qui préfère passer la pub pour la Budweiser en boucle) nous informe qu'il est minuit en France, ca y est ! On aura au moins tenu jusque là. Une source sûre (Amanda!) nous informe que Mary a réussi a passer et qu'elle est coincé au bloc précédent. Alors non seulement elle a le pouvoir de disparaître mais en plus celui de se faufiler, on en concluera que c'est la femme invisible, mais elle niera tout en bloc,
normal (ça me fait penser qu'on n'aura même pas pris de photo de JD en train de faire Yataa! sur Times Square, pour ce qui suivent la série Heroes, néanmoins, j'ai une preuve qu'il a vécu au VIe siècle que vous pourrez voir ci-après, ci-beaucoup-plus-bas).
Une heure a passé déjà et c'est le nouvel an à Londres ! Le temps pour Mary de nous rejoindre, et de nous servir un petit chocolat suprise ! Avec un peu de whisky dedans ! Ce qui augmentera notre température corporelle d'une certaine façon et même d'une façon certaine ! Maligne !



Une flasque cachée dans sa manche (et oui parce qu'à environ chaque barrière, on est fouillé, sac vidé, etc.) ! Au fil de ces heures, on avait le droit d'avancer un peu, de blocs en blocs, filtrées comme la pulpe d'un jus d'orange.



"Bon les gars, on va montrer qu'on est des êtres humains et on va aller de cette barrière à celle là sans courir sinon je tire sur la foule !" Les flics sont d'humeur joyeuse , ça fait plaisir ! Je me souviens de cette image où je vois le flic en question suivi d'une foule docile et silencieuse, marcher vers le bloc suivant à la manière des cosmaunautes qui partent sur la Lune ! Epique ! Sur le coup, JD a flippé grave :



" Calmez vous ou j'appelle la police !"


La suite des six heures (sic!) peut être résumée par quelques petites anecdotes :
- on commence à avoir sacrément soif à cause de cette pub Bud immense.
- comment expliquer à Amanda la structure de la phrase "Qu'est-ce qui se passe ?"
- je me suis bien occupé une heure en attendant qu'Amanda reconnaisse l'interprète de Layla.


" Jiday, Jiday, heyde moi ! "

- un Ipod 1 Go c'est vraiment petit quand on a 5 heures de temps à tuer en mode blind-test.
- on y va ? on reste ? Non on se barre ! Bon ok on reste ! On est cons ? Oui peut être, mais on reste, il ne reste plus que 4 heures, on va pas craquer maintenant !


"J'aurais pu être au Styliss', le lundi soir c'est spécial années 80...pfff"


"Mary, vas y souris fait semblant qu'on s'amuse bien..."

- tiens tout le monde crie en comptant à rebours, mais pourquoi ? Parce que c'est la nouvelle année à Cap Vert ! On s'en fout mais on est content pour eux ! Et ça occupe.
- on a beaucoup plus chaud en s'assayant parterre dans une foule qu'en restant debout.



- tiens c'est la nouvelle année au Groenland, mais pour qui ?

Il est enfin 23h59...on n'en peut plus, on a hâte de quitter cette année 2007 qui nous oblige à faire n'importe quoi, on a envie de tout ! La boule qui n'arrête pas de changer de couleurs se décoince et glisse lentement de sa rampe.



La pression monte, comme si on avait secouer une bouteille de champagne pendant 8h. Un grand compte à rebours de 60 secondes apparaît pour essayer de nous distraire et de ne pas regarder la boule, le million de personnes commence à gémir des nuéméros en anglais, implorant le dieu de la boule d'en finir, seven, six, five, four.. la boule arrive sur un petit écriteau lumineux où on peut voir 2008..., three, two, one...





...l'écriteau s'allume, et la foule explose ! Les feux d'artifices aussi explosent, les confettis explosent, la terre se met à trembler !



Des mecs prennent des photos avec des flics, c'est des liesses de joie dans la rue, tout le monde est content d'en finir, enfin, on a tous failli perdre la boule !

Des gens, énervés d'avoir passé 8 heures ici, ont même brulé des vélos, de rage :



Cette expérience fut au final très étrange, on ne sait pas quoi on attend, mais on sait qu'on a besoin de le voir, d'y être, d'être là ce jour là, à cette heure là. Sentir cette pression monter d'heure en heure c'est assez unique et vraiment impressionnant. On ne s'attendait vraiment pas à ça et je vous avouerais que je ne suis même pas déçu d'avoir attendu huit heures dans le froid, à ne RIEN faire. Peut être aussi parce qu'on était là, entre potes, à New York, et que ça me suffisait. Ca laisse un sentiment bizarre, plutôt satisfaisant, mais pas de regret. C'est vraiment à faire une fois mais pas plus, un peu comme un resto dans le noir. C'est une sensation qu'on n'a pas l'habitude de connaître, et la fois suivante toute cette magie s'évapore.

On vient de perdre en finale de Coupe du Monde ? Non, on vient juste de passer en 2008...



"Ouai c'est ça, bonne année toi même ouai !"

On finira la soirée, complètement claqués, dans un bar à East Village, les jambes en miette. Un début d'année à marquer d'une pierre blanche. Mais une pierre blanche d'une forme bizarre.