Battery Park, c'est la pointe de Manhattan, l'endroit ou les ferries partent pour Liberty Island et Ellis Island, lieux historiques s'il en est.
Et même en arrivant à 9h30, on sait qu'on n'arrivera pas à les semer, tous ces français, qui prennent les mêmes avions que nous, dorment dans nos auberges et visitent les mêmes trucs que nous... C'est donc la file d'attente qui nous attend, la fouille intégrale avec ce froid pénétrant, plus de chaussures, plus de ceinture, plus de pulls, plus rien, on se sent comme ces immigrants, arrivés après un long voyage, harassés, fatigués et qui doivent encore passer des tests, et des tests, pour pouvoir enfin entrevoir le nouveau monde.
Bon c'était pareil sauf qu'on faisait le chemin inverse, qu'il y avait un beau soleil, et que des hot-dogs nous attendait dans le ferry ! Hot-dogs servis par le serveur le plus lent du monde :
Ok
...pendant que le reste de notre bande de joyeux drilles (moins Mary, joyeuse drille aussi mais partie pour un autre musée !), continuait jusqu'à Ellis Island:
Et résultat des comptes, elle est pas mal cette statue. Dommage qu'on ne puisse plus monter dans sa tête, mais elle en jette.
Un beau symbole que nos rétines viennent d'immortaliser, l'espace de cette petite balade. Sur l'île on peut voir quelques hommages aux sculpteurs français, Eiffel...
...et Bartholdi :
Encore un autre symbole :
Puis un autre :
...et encore un autre :
Un peu de noir et blanc, pour continuer dans les clichés :
Pendant ce temps là, Mike, Raph' et Amanda étaient en mode audio sur Ellis Island...
...pour apprivoiser les méandres des premiers immigrants en masse (du coup avec JD, on la fera en speed).
Et elle est riche cette histoire, des ancêtres d'Amanda :
...à la première immigrante sur l'île,
...en passant par le registre informatique où l'on peut trouver ses ancêtres :
On sentait vraiment le poids de l'histoire sur nos épaules pendant cette visite, un peu comme on sentait la crainte, et l'émotion, nous peser sur Alcatraz. Ca devait pas être facile tous les jours, pour ces nouveaux arrivants.
Une situation que l'on pourrait résumer par cette petite phrase, sorte de devise d'Ellis Island :
"Quand je suis arrivé en Amérique, je croyais que les rues étaient pavées d'or. Je me suis vite aperçu que c'était faux, que les rues n'étaient pas pavées du tout et que c'était à moi de le faire."
Fait incroyable, on apprendra également que ce sont deux bébés qui ont dirigé Ellis Island les cinq premières années, les fameux Bébés Mafieux :
"A Ellis Island, les gens payaient souvent en tétines pour passer, mon gars."
Il fait incontestablement plus vide aussi, amputée de ses jumelles à tout jamais. Les indications sont également assez déroutantes et on se sent un peu paumé.
Au milieu de ces différents hôtels et tours financières on peut voir un précipice grand comme la haine et l'immensité absolue de la bêtise humaine. Hier un passant marchait silencieusement, un panneau à la main indiquant le nombre de soldats américains et de civils irakiens mort en Irak, aujourd'hui c'est le bruit des marteau-piqueurs et des pelleteuses qui résonne pour cacher cette infamie. J'ai trouvé le rapprochement assez saisissant.
L'endroit reste très lugubre même par un beau jour comme celui-ci, et me renvoie à la figure ces images que mon cerveau n'arrivait pas à comprendre. Sept ans après, on peut vraiment se demander pourquoi les travaux de reconstructions de nouvelles tours ont si peu avancés.
Quoiqu'il en soit, il était temps pour nous de se désaltérer après tant d'émotions. Nous avons donc décidé de suivre le routard nous emmener déguster un des meilleurs thés de Chinatown, dans un endroit assez design et très accueillant :
Pour le coup, et après avoir foulé le sol des deux plus grands quartiers chinois des Etats-Unis, on se sent vraiment plus immergé dans la culture chinoise à San Francisco, qu'ici. C'est certainement le côté plus citadin qui fait perdre son charme à cette ville dans la ville.
Le dépaysement était donc total (sauf pour JD qui ne voulait plus partir...oui elle est très facile celle là), et la gourmandise de Mary et Amanda nous obligeait à trouver un petit pâtissier français (bon d'accord, peut être que j'avais juste envie d'un croissant). Ce fut chose faite après avoir traverser la jolie Little Italy...
...au Ceci-Cela, où nous avons pu déguster éclair au chocolat, chocolatine (allez c'est rien que pour toi Raph'), mille-feuille et forêt noir.
Et pour couronner le tout j'ai bu du cidre de pomme dans
Il y avait largement de quoi nous réconcilier avec les pâtisseries et nous faire oublier ces faux french croissants qui n'ont de français que le nom.
Le restaurant mexicain qui suivit fut également d'une excellent qualité, et le duo fajitas-frozen margaritas, est un classique qui marche à tous les coups.
La fin de soirée arriva, et les choses étant ce qu'elles sont (toi aussi entraîne toi à placer des phrases inutiles), on finira, dans un sous-sol désaffecté à défier l'Amérique toute entière, lors d'une partie de Beirut qui restera dans les annales. Beirut, c'est certes la capital du Lebanon, mais c'est aussi un jeu dérivé du caps où on doit lancer un bouchon virevoltant dans une flopée de verres remplis de bière, disposés en triangle.
Les équipes du jour son : JD et son ex-coloc', contre Mary et Amanda. Et la partie s'annonce ardue. Amputée de notre meilleur élément au caps, Mad Mike L'Auxerrois et de El Tigrou, capable de plonger dans un verre de 25 cl, nous ne partons pas favoris dans un jeu où la déconcentration est reine. Positions suggestives d'un côté, danse du Fonscar (enfin plus ou moins, personne ne danse le Fonscar comme Fonscar !) de l'autre, nous étions au coude à coude. Une bonne heure et demie et le tout était plié, après des retournements de situation incroyables, l'histoire retiendra seulement que nous avons gagné !
Je lis encore l'amertume dans les yeux d'Amanda, et ce regard de pierre que nous a jeté Mary, ça me donne encore des frissons. Mais c'est le jeu les amies et en plus, nous, on ne tournait pas à la Bud Light...
3 commentaires:
Sympa les photos !!! j'aime beaucoup la photo lolo et roudoudou devant la statue de la liberté !!!
Et dire kon a gagné à ce jeu contre des pros... de la Bud Light!
La victoire aurait encore plus belle si mon 3 points était rentré!
L'histoire est écrite, et on est sur la couverture!
Moi c'est la B&W ma préférée pour l'instant sur tout le blog, uneoreillealafois y compris!
:-)
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